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Rubrique CEJA, numéro 7, Mai 2014

Que pourraient signifier les élections parlementaires européennes pour l'agriculture ? Dans la rubrique mensuelle régulière du CEJA (Conseil Européen des Jeunes Agriculteurs), Massey Ferguson s’entretient avec le président, Matteo Bartolini, des résultats envisageables et en découvre davantage au sujet de la dernière campagne du CEJA visant le parlement européen.

MF : Les élections européennes se tiendront très bientôt (22-25 mai). Pourriez-vous nous en dire plus ? Pourquoi sont-elles si importantes ?
MB : Tout citoyen de l'Union Européenne peut voter pour des candidats au parlement européen. 751 députés européens seront élus pour vous représenter, vous et votre région, au parlement européen pendant les cinq prochaines années. Ils auront le pouvoir de modifier, de voter ou de rejeter la plupart des lois de l'UE. Le nombre de députés européens décroit cette année par rapport au nombre actuel et passe de 766 à 751 (750 députés européens et un président). Même si 750 peut paraître un nombre assez élevé, ce n'est pas tant par rapport aux 500 millions de citoyens ! Nous n'avons pas encore de sondages précis concernant les résultats de l'élection mais il semblerait qu'il y ait cette fois-ci un virage à droite. Même si ce changement ne devrait pas porter préjudice au soutien à l'agriculture, cela pourrait augurer une approche plus conservatrice par rapport à un certain nombre de négociations en cours concernant un accord de libre-échange entre l'UE et d'autres régions, accords qui pourraient avoir des répercussions sur les agriculteurs européens.

MF : Le parlement européen est composé de différentes commissions : laquelle d'entre elles est la plus importante pour le CEJA ?
MB : Il s'agit de la commission de l'agriculture et du développement durable (COMAGRI). Les membres actuels de la COMAGRI ont joué un rôle important dans la définition de la nouvelle politique agricole commune (PAC) et, de ce fait, peuvent influencer la politique de l'UE et la prise de décision, avec un impact direct et conséquent sur les agriculteurs européens. C'est particulièrement le cas depuis les changements structurels apportés aux processus de prise de décision de l'UE en 2009 et qui ont abouti à un renforcement des pouvoirs du parlement, notamment en ce qui concerne l'agriculture.

MF : Quels ont été les effets du renforcement des pouvoirs du parlement ?
MB : Depuis la dernière réforme, l'agriculture est devenue pour la première fois un domaine soumis à ce qu'on appelle la « codécision ». Fondamentalement, la codécision donne un poids égal au parlement et au conseil dans la prise de décision, ce qui renforce grandement les pouvoirs du parlement. Ces effets ont permis aux membres de la COMAGRI d'exercer une influence renforcée lors d'âpres négociations avec le conseil européen concernant la dernière réforme de la PAC. Le parlement a également gagné du terrain par rapport au conseil sur un certain nombre de sujets, notamment celui des jeunes agriculteurs, concernant une mesure soutenue par le parlement mais pas par le conseil. En dépit de cela, la mesure a été adoptée dans les règlements définitifs. Il s'agit d'un résultat réel, concret, qui explique pourquoi il faut impérativement faire entendre notre voix dans l'arène politique européenne.

MF : Parlez-nous de votre nouvelle campagne
MB : Nous venons de lancer une campagne qui visera le nouveau parlement, une fois qu'il sera élu à la fin du mois de Mai. En plus des députés européens qui renouvellent leur mandat et auprès desquels le CEJA a déjà été engagé, il y aura un nombre important de nouveaux députés européens, y compris au sein de la commission d'agriculture. Il faut qu'ils soient sensibilisés à la crise démographique qui touche l'agriculture européenne et aux défis auxquels les jeunes agriculteurs sont confrontés aujourd'hui. Cela permettra d'assurer qu'ils travaillent à une meilleure chaîne d'approvisionnement alimentaire en Europe, à la fois pour les producteurs et les consommateurs, en plus d'assurer l'avenir de produits alimentaires européens de haute qualité, sûrs et diversifiés. Il serait utile de rappeler à tous, que seuls 7 % des agriculteurs européens ont moins de 35 ans, contre un tiers au-dessus de 65 ans.

MF : Comment les membres du CEJA se sont-ils impliqués dans cette campagne ?
MB : Les membres du CEJA – des jeunes agriculteurs venant de toute l'UE – ont enregistré des vidéos qui représentent la situation de l'agriculture actuelle dans l'UE, vue de leur propre perspective. Ils exposent les défis auxquels ils seront confrontés et les solutions qu'ils attendent des députés pour y pallier. Le secrétariat du CEJA à Bruxelles sert de liaison directe avec les députés européens pour leur transmettre ces vidéos et recueillir les réponses aux questions qui leur sont posées. Nous espérons que ces messages vidéo se convertiront en une conversation directe et publique entre les députés européens et les jeunes agriculteurs concernant les enjeux auxquels ils sont confrontés. Cela permettra également de comprendre pourquoi et comment ces défis peuvent être surmontés à l'aide d'instruments politiques. Le CEJA espère que cette démarche contribuera à une prise de conscience accrue des problèmes et encouragera les députés européens à s'y investir, tout en initiant un véritable dialogue entre les députés européens et ceux qu'ils représentent - dont nous faisons partie, nous, jeunes agriculteurs de l'Europe.

Pour joindre Matteo Bartolini ou le CEJA, par courriel allusers@ceja.eu

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